Le Bon, la Brute et le Truand, ou l’art du bain chez Sergio Leone

Le Bon, la Brute et le Truand, Sergio Leone, 1966

Dans les westerns de Sergio Leone, l’hygiène n’est pas la préoccupation première des personnages, loin de là. Ces derniers sont plutôt connus pour leur saleté, leur transpiration, leur barbe mal entretenue et leur côté poussiéreux,qui témoigne des longues heures passées à cheval dans le désert.

Mais dans Le Bon, la Brute et le Truand, sublime troisième opus de la fameuse Trilogie du dollar de Leone, le pauvre Tuco ne peut résister à l’appel d’un bon bain. Et on peut le comprendre. En pleine guerre de Sécession, le Truand, interprété par le regretté Eli Wallach, vient de s’évader d’un camp de prisonniers nordistes où il a été torturé. Il arrive dans une ville dévastée par l’artillerie, alors que les combats font rage à quelque kilomètres de là, et s’aperçoit que, pour son plus grand bonheur, la salle de bain d’un hôtel a été épargné par les obus. Et même un tueur au sang froid peut apprécier un bon bain de mousse.

« Quand on tire, on raconte pas sa vie »

Mais pendant que l’ami Tuco se décrasse et fait mu-muse avec les bulles, un chasseur de prime vient troubler son plaisir, à la grande surprise du spectateur qui pensait ce personnage mort. En effet, le film s’ouvre sur une scène où ce tueur, avec deux de ses amis, essayait d’abattre Tuco, avant que les trois comparses ne soient abattus et laissés pour morts par Eli Wallach. Seulement amputé du bras, il s’est juré de se venger et pense là en avoir enfin l’occasion. Face à le mine circonspecte de Tuco, le chasseur de prime jubile et se lance alors dans un grand discours sur l’art de la vengeance.

Manque de chance, il a face à lui une des plus grandes gâchettes de l’Ouest, qui ne se sépare jamais de son revolver, même dans son bain. Ce que ce pauvre chasseur de prime ne voyait pas, c’est que les bulles cachaient l’arme de Tuco. L’occasion pour ce dernier de prononcer une des plus grandes répliques du film: « Quand on tire, on raconte pas sa vie ».

Si Leone utilisa ici une baignoire pour montrer l’ingéniosité de Tuco, il en utilisa une autre, deux ans plus tard dans Il était une fois dans l’Ouest pour faire ressortir la beauté et la pureté de Claudia Cardinale, véritable ange perdu dans un enfer aride de criminels sans foi ni loi. Mais ceci est une autre histoire…

onceuponatimeinthewest

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