Les Griffes de la nuit, l’horreur n’est jamais loin

Les Griffes de la nuit, Wes Craven, 1984

Dans une petite ville américaine, des adolescents font tous le même cauchemar la nuit : un homme au visage brûlé et aux griffes menaçantes les poursuit sans relâche dans leurs rêves. Un soir, une fille est brutalement assassinée pendant son sommeil. La police arrête son petit ami, mais ses amis comprennent que c’est bien ce tueur qui hante leurs rêves – un certain Freddy Kruger – qui est responsable de sa mort. Pour échapper aux griffes de Freddy, il faut donc ne surtout pas s’endormir, sous peine de ne jamais se réveiller.

Une scène érotique

Dans cette scène Nancy, l’héroïne, décide de prendre un bain pour se relaxer. Malheureusement, l’eau chaude remplit un peu trop bien son rôle, et Nancy finit par s’endormir. Du fond de sa baignoire surgissent alors la main de Freddy, ses griffes, puis son célèbre pull rouge. Glaçante, l’image est assortie d’une évidente connotation érotique : le bras de Freddy semble en effet sortir de l’entrejambe de l’héroïne endormie, comme pour souligner sa fragilité. Une métaphore de la perte de la virginité féminine, et du passage du statut de fille à celui de femme, comme l’expliquait Hélier Cisterne, le réalisateur du film Vandal, dans un entretien accordé à Libération.

Réveillée par sa mère qui frappe à la porte, Nancy échappe une première fois au pire. Elle revient à la réalité, quitte le monde des rêves, et échappe donc à Freddy, qui disparaît aussitôt. Sa mère la met en garde contre le risque de s’endormir dans son bain, car elle pourrait s’y noyer. Un avertissement prémonitoire puisque, quelques minutes plus tard, Nancy se remet à somnoler. Cette fois-ci, elle n’y échappe pas : elle se retrouve violemment happée par Freddy au fond de sa baignoire, qui se révèle d’une profondeur abyssale, et se débat tant bien que mal pour en sortir. Sa mère, alertée par les bruits de lutte, vient encore la sauver en la sortant de son rêve.

Nancy est alors saine et sauve, mais elle sait qu’elle retrouvera Freddy la prochaine fois qu’elle s’assoupira. Le tueur prend en effet un malin plaisir à s’attaquer à ses victimes en les surprenant dans leur intimité, quand elle sont le plus vulnérable, nues dans leur bain, ou en pyjama dans leur lit.

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Léo Mouren

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