8 conseils de Rabelais pour bien se torcher les fesses

« J’ai, par une longue et curieuse expérience, inventé un moyen de me torcher le cul, le plus royal, le plus seigneurial, le plus excellent, le plus expédient que jamais fut vu ».

Gargantua, personnage de François Rabelais, auteur du XVIème siècle.

1. Le papier, c’est pour les cons

Et c’est pas nous qui le disons : « Toujours laisse aux couillons émorche qui son cul de papier torche ». Pour ceux que le langage de Jacquouille laisse perplexe, ça donnerait quelque chose comme ça : « Celui qui se torche avec du papier, toujours laisse quelques morceaux sur les côtés ». Et encore, on est très, très poli.

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Non, on n’a pas dit que les chats étaient cons. Mais quand même…

2. Les foulards en satin sont à éviter

Surtout quand ils sont ornés de trucs pointus qui piquent. Prenez-en de la graine : « Une autre fois (je me torchai) avec des oreillettes de satin cramoisi, mais la dorure d’un tas de sphères de merde qui y étaient m’écorchèrent tout le derrière. Que le feu saint Antoine arde le boyau culier de l’orfèvre qui les fit et de la demoiselle qui les portait ! »

On n’a pas tout compris, mais on ne dira rien. S’agirait pas de trop l’énerver, le Gargantua…

3. Attention aux afflux sanguins si vous vous torchez avec des plantes

Si l’on en croit l’expérience de Gargantua, se torcher avec des orties, ça ne pose aucun problème. Un sacré bonhomme quand même… Non, ce qui l’a achevé en revanche, c’est la consoude, une plante médicinale originaire des pays d’Europe de l’est. Pour info, ça ressemble à ça :

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Consoude / Wikimedia CC

Et puis Gargantua, c’est un peu le MacGyver du 16ème siècle en plus pédagogue. Il nous refile même ses petits secrets de grand-mère :

Dans le texte : « Puis me torchai (…) de consoude, mais j’en eus la caquesangue de Lombard, dont fus guéri me torchant de ma braguette. » Avouez-le : vous n’y auriez pas pensé.

4. Se torcher avec un linceul est agréable

Le dictionnaire d’ancien français nous l’apprend cependant : au 16ème siècle, le « linceul » ou « linsuel » n’est pas uniquement le drap servant à recouvrir les morts, mais simplement un drap de lit. Nous voilà bien rassurés.

On a pas voulu plomber l'ambiance avec un drap mortuaire ... donc voilà un joli drap avec un chat dessus.

On a pas voulu plomber l’ambiance avec un drap mortuaire … donc voilà un joli drap avec un chat dessus.

5. Se torcher avec un panier est, par contre, une très mauvaise idée

Il fallait bien que quelqu’un se dévoue pour essayer. Maintenant, vous savez.

Flickr CC / meg_nicol

Est-ce vraiment de notre faute si les chats ont des goûts inexpliqués ?

6. Chez Rabelais, le terme « torcheculatif » est parfaitement correct

Et s’il ne l’est pas, il est en tout cas suffisamment éloquent pour désormais peupler nos conversations tardives et avinées. Dans le texte, c’est à Grandgousier, le père de Gargantua, que revient ce néologisme particulièrement séduisant : « Or poursuis ce propos torcheculatif, je t’en prie, et, par ma barbe, pour un bussart tu auras soixante pipes, j’entends de ce bon vin breton ». Un père qui promet à son fils une bonne cuite en échange de ses conseils pour se torcher les fesses : mais où sont donc passées ces bonnes vieilles méthodes éducatives ?

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7. Parmi toutes les sortes de chapeaux, un seul convient vraiment à cette noble activité

Et Gargantua, toujours pétri de louables intentions scientifiques, d’argumenter : « Notez que des chapeaux les uns sont ras, les autres à poil, les autres veloutés, les autres taffetassés, les autres satinisés. Le meilleur de tous est celui de poil, car il fait très bonne absorption de la matière fécale. » Y’a-t-il quelque chose à ajouter ?

Il n’y a tel torchecul que d’un oison bien duveté, pourvu qu’on lui tienne la tête entre les jambes

8. Et le grand gagnant de tous les torcheculs du monde est …

Ada Durden / Wikimedia CC

Ada Durden / Wikimedia CC

L’oison. Rabelais ne laisse d’ailleurs aucune place au doute : « Je dis et maintiens qu’il n’y a tel torchecul que d’un oison bien duveté, pourvu qu’on lui tienne la tête entre les jambes. Et m’en croyez sur mon honneur, car vous sentez au trou du cul une volupté mirifique, tant par la douceur de ce duvet que par la chaleur tempérée de l’oison, laquelle facilement est communiquée au boyau culier et autres intestins, jusqu’à venir à la région du coeur et du cerveau« .

Alors, on se replonge un peu dans Rabelais ?

Camille Kaelblen

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